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<title>Last posts on giuseppe gagliano</title>
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<name>Zed</name>
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<title>Palantir, Foucault et la nouvelle discipline numérique...</title>
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<updated>2026-05-15T10:00:00+02:00</updated>
<published>2026-05-15T10:00:00+02:00</published>
<summary>  Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de     Giuseppe Gagliano...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de &lt;span style=&quot;color: #999999;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #999999;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Giuseppe Gagliano&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; cueilli sur &lt;a href=&quot;http://euro-synergies.hautetfort.com/&quot;&gt;le site d'&lt;em&gt;Euro-Synergies&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et consacré au manifeste techno-politique, &lt;em&gt;The Technological Republic- Hard Power, Soft Belief, and the Future of the West&lt;/em&gt;, très récemment publié récemment par &lt;strong&gt;Alexander Karp&lt;/strong&gt;, co-fondateur de la société de technologies numériques militaires et de surveillance, Palantir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6678993&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/01/01/3738965240.jpg&quot; alt=&quot;Palantir.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Palantir, Foucault et la nouvelle discipline numérique&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;PALANTIR: Du Big Brother à la société des algorithmes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le manifeste d’Alex Karp et de Palantir n’est pas seulement une déclaration de nature idéologique sur la technologie, l’Occident et la guerre future. C’est quelque chose de plus profond et de plus inquiétant : c’est le signe d’un passage historique dans la relation entre pouvoir, surveillance et société. Nous ne sommes plus face à l’ancienne image autoritaire de l’État qui contrôle les citoyens d’en haut par la force visible de la police, de l’armée ou de la censure. Nous sommes face à une forme plus raffinée, plus silencieuse, plus acceptable et, pour cette raison même, plus dangereuse : le pouvoir qui observe, collecte, relie, interprète, prévoit et oriente. L’image immédiate est celle de George Orwell : le Big Brother, la surveillance permanente, la guerre continue, le langage transformé en outil de domination, la liberté vidée alors qu’elle est proclamée. Mais s’arrêter à Orwell risque d’être insuffisant. Pour comprendre réellement la dimension dystopique du manifeste de Palantir, il faut aussi faire appel à Michel Foucault, car le cœur du problème n’est pas seulement l’État qui regarde le citoyen. C’est le citoyen qui finit par vivre dans un réseau de classifications, d’évaluations, de profils, de risques, de prévisions et de contrôles qui n’ont plus besoin de se montrer comme répression.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Orwell nous aide à voir le visage autoritaire du pouvoir. Foucault nous aide à voir quelque chose de plus subtil : le pouvoir qui produit des comportements, normalise des conduites, discipline des corps, organise des espaces, définit ce qui est déviant et ce qui est acceptable. Le manifeste de Palantir se situe précisément à ce point : là où la sécurité devient savoir, le savoir devient pouvoir, et le pouvoir devient infrastructure technologique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La surveillance non pas comme une exception, mais comme un environnement&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans le monde imaginé par Karp, la technologie n’est plus un outil neutre. Elle ne sert pas simplement à mieux communiquer, mieux soigner, mieux administrer ou mieux combattre. Elle devient l’architecture même de la vie collective. Données de santé, données fiscales, données militaires, données financières, données migratoires, données judiciaires, données sociales: tout peut être recueilli, croisé, rendu lisible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est la transformation décisive. La surveillance n’est plus un acte extraordinaire réalisé en situations exceptionnelles. Elle devient un environnement. Ce n’est plus seulement la caméra braquée sur un individu suspect. C’est la construction d’un monde dans lequel chaque individu peut potentiellement être analysé avant même d’avoir fait quoi que ce soit. On ne contrôle plus seulement la délinquance. On contrôle le risque. On n’intervient plus seulement sur le fait accompli. On agit sur la possibilité que quelque chose se produise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Là, le saut est énorme. L’État moderne traditionnel punissait après la violation de la loi. L’État algorithmique tend à classer en amont. Il anticipe, calcule, ordonne, signale. Le citoyen n’est plus seulement un sujet de droits et devoirs. Il devient un ensemble de données à traiter, une probabilité à mesurer, une conduite à prévoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Foucault avait étudié la transition entre les sociétés de punition spectaculaire et les sociétés disciplinaires. Selon son analyse, le pouvoir moderne n’a plus besoin seulement de frapper le corps avec la violence visible du supplice. Il préfère organiser la vie, réguler les comportements, surveiller les espaces, entraîner les individus, les rendre utiles, dociles, productifs. La prison, l’école, la caserne, l’hôpital, l’usine: toutes ces institutions produisent des sujets disciplinés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Aujourd’hui, cette logique ne disparaît pas. Elle se digitalise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le Panoptique à l’ère de l’intelligence artificielle&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le concept foucaldien le plus utile pour lire Palantir est celui de Panoptique. Foucault reprenait le modèle carcéral imaginé par Jeremy Bentham: une structure dans laquelle un surveillant placé au centre peut observer tous les détenus, tandis que ceux-ci ne savent jamais s’ils sont observés ou non à ce moment-là. La conséquence est décisive: le prisonnier intériorise la surveillance. Il finit par se comporter comme s’il était toujours regardé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le pouvoir parfait n’est pas celui qui doit intervenir en permanence. C’est celui qui incite l’individu à s’autoréguler.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans le monde numérique, le Panoptique n’a plus besoin de la tour centrale. La tour est devenue réseau. Il n’y a pas un seul œil visible, mais une multitude de systèmes : plateformes, bases de données, capteurs, algorithmes, systèmes prédictifs, interfaces de commande, archives publiques et privées. Le citoyen ne voit pas le surveillant. Il ne sait souvent même pas quand, comment et par qui il est observé. Mais il sait, ou pressent, que beaucoup de ses traces restent quelque part.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La différence par rapport au Panoptique classique est encore plus radicale. Bentham imaginait une prison. Foucault montrait que ce modèle s’était étendu à la société disciplinaire. Aujourd’hui, le Panoptique numérique ne concerne pas seulement les détenus, les étudiants, les soldats, les malades ou les ouvriers. Il concerne tout le monde. Son espace n’est plus clos. Il est diffus. Il n’a pas de murs. Il est incorporé dans les infrastructures de la vie quotidienne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est ici que Palantir devient un symbole puissant. Non pas parce qu’elle est la seule société à suivre cette voie, mais parce qu’elle représente de manière presque parfaite le lien entre technologie, appareils publics, défense, renseignement, administration et contrôle. Le manifeste de Karp ne demande pas à la technologie de rester au service du citoyen. Il demande à la technologie de devenir une partie intégrante de la puissance étatique et occidentale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;De la discipline à la prévision&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La surveillance classique voulait voir. La surveillance algorithmique veut prévoir. C’est la grande mutation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans le modèle disciplinaire décrit par Foucault, le pouvoir observe pour corriger. Mesure pour normaliser. Classe pour intervenir. Dans le modèle algorithmique contemporain, le pouvoir observe aussi pour anticiper. Il ne suffit plus de savoir qui vous avez été. Il veut savoir qui vous pourriez devenir. Il ne suffit plus de reconstruire ce que vous avez fait. Il veut estimer ce que vous pourriez faire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Appliquée à la sécurité, cette logique produit un univers inquiétant. Le soupçon ne naît plus nécessairement d’un acte concret, mais d’un profil de risque. Un mouvement, une relation, une transaction, une recherche, un voyage, une communication, une fréquentation peuvent devenir des fragments d’un tableau interprétatif. L’individu est inséré dans une grille de probabilités.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le problème, c’est que la probabilité, lorsqu’elle entre dans les dispositifs de sécurité, tend à se transformer en préjugé opérationnel. Un système signale. Un fonctionnaire contrôle. Un algorithme associe. Une archive confirme. Une décision est prise. Et le citoyen, souvent, ne sait même pas quelle chaîne de raisonnements automatiques a produit cette conséquence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Voici l’une des formes les plus insidieuses du pouvoir contemporain: non pas l’interdiction explicite, mais la classification invisible. Non pas la répression criée, mais le score silencieux. Non pas la censure directe, mais l’accès refusé, le contrôle renforcé, la pratique bloquée, la position signalée, la personne transformée en cas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La guerre comme laboratoire de la société&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le manifeste de Palantir insiste beaucoup sur la guerre, la défense de l’Occident, la nécessité de construire des technologies militaires avancées, l’intelligence artificielle comme outil décisif de la compétition stratégique. Mais le point le plus délicat, c’est que les technologies nées pour la guerre restent rarement confinées à la guerre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;L’histoire moderne le démontre. Des outils développés pour des besoins militaires, de renseignement ou d’urgence passent ensuite à la gestion civile. Ce qui naît pour le champ de bataille peut arriver à la frontière, à la police, à la santé, aux impôts, à l’école, à l’administration publique, à la gestion urbaine. La frontière entre sécurité extérieure et sécurité intérieure s’amenuise. Le citoyen est administré selon des logiques de plus en plus proches de celles de l’opération militaire: identifier, cartographier, prévoir, neutraliser, optimiser.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est une transformation culturelle avant tout. La société est pensée comme un théâtre opérationnel. Chaque problème devient une menace. Chaque anomalie devient un risque. Chaque crise devient une justification pour renforcer l’infrastructure de contrôle. Une pandémie, une guerre, une attaque, une crise migratoire, une urgence énergétique, une révolte urbaine: tout événement exceptionnel peut laisser derrière lui un morceau de surveillance permanente.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est ici que la réflexion de Foucault sur la sécurité devient essentielle. Dans ses cours sur la gouvernementalité, Foucault montrait comment le pouvoir moderne ne se limite pas à imposer des lois ou à discipliner des corps, mais gouverne des populations. Il ne contrôle pas seulement des individus isolés. Il gère des flux, des risques, des statistiques, des épidémies, des circulations, des richesses, des territoires. La sécurité devient une rationalité de gouvernement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Palantir porte cette rationalité à l’époque de l’intelligence artificielle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le savoir comme domination&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Pour Foucault, pouvoir et savoir ne sont pas séparés. Le pouvoir produit du savoir, et le savoir renforce le pouvoir. Celui qui classe, nomme, mesure et archive ne décrit pas simplement la réalité: il l’organise. Il établit des catégories, définit la normalité, construit des déviations, rend certaines conduites visibles et d’autres invisibles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est précisément ce qui se passe dans l’univers des données. Les données ne sont jamais une matière purement innocente. Elles semblent objectives, mais sont recueillies selon des critères, ordonnées selon des priorités, interprétées selon des modèles, utilisées à des fins politiques, économiques ou militaires. L’algorithme ne supprime pas le pouvoir. Il le cache derrière la technique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Lorsqu’une plateforme décide quelles données comptent, quelles corrélations sont pertinentes, quels profils méritent attention, quelles anomalies génèrent une alarme, elle exerce une forme de pouvoir. Elle n’a pas besoin de faire des discours idéologiques. Il lui suffit d’organiser le champ du visible : dire ce qui peut être vu, par qui, avec quelles conséquences.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La dystopie algorithmique ne consiste pas seulement dans le fait que quelqu’un en sait beaucoup sur nous. Elle consiste dans le fait que ce savoir peut être transformé en décision sans véritable contrôle démocratique. Le citoyen est observé, mais il ne peut pas observer le système qui l’observe. Il est classé, mais il ne connaît pas totalement les critères de classification. Il est jugé, mais il ne peut pas toujours interroger le juge invisible qui a préparé le jugement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le citoyen comme corps administré&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chez Foucault, le corps est l’un des lieux privilégiés du pouvoir. Le pouvoir discipline les corps, les entraîne, les corrige, les rend productifs. Dans le monde contemporain, le corps ne disparaît pas: il est doublé par son profil numérique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chacun possède désormais une sorte de corps informatique: données de santé, données bancaires, données téléphoniques, données biométriques, déplacements, consommations, relations, images, habitudes. Ce double numérique peut circuler plus que le corps réel. Il peut être interrogé, vendu, analysé, archivé, croisé. Il peut produire des conséquences concrètes: accès à un service, suspicion d’enquête, exclusion d’une procédure, sélection automatique, contrôle renforcé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le corps physique vit dans le monde. Le corps numérique vit dans les systèmes. Mais ce second peut fortement conditionner le premier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est une nouvelle forme de vulnérabilité. L’individu n’est plus seulement frappé parce qu’il a commis un acte, mais parce que son double numérique a été lu d’une certaine façon. Et souvent, il ne sait même pas où le corriger, comment le contester, à qui s’adresser. La vieille bureaucratie avait au moins un guichet. La nouvelle bureaucratie algorithmique peut ne pas avoir de visage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Orwell et Foucault : deux dystopies qui se rencontrent&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Orwell imaginait un pouvoir qui imposait la vérité d’en haut. Foucault étudiait un pouvoir qui produisait la normalité d’en bas, à travers des institutions, des pratiques, des savoirs et des disciplines. Notre époque semble fusionner ces deux dimensions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: verdana, geneva, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;De Orwell, nous retenons la guerre permanente, le langage inversé, la surveillance généralisée, la réduction de la dissidence à une menace. De Foucault, nous retenons la normalisation, la classification, la discipline, la gestion des corps et des populations. Palantir, dans cette p
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